En conscience – les ronds dans l’eau

Cela fait longtemps que je commence et recommence cet article, j’ai des dizaines de brouillons qui portent plus ou moins le même titre, et le sujet est tellement vaste que je ne suis pas certaine de pouvoir le traiter en un seul post. (Et en même temps, il est m’arrivé une paire de fois de vous annoncer des suites qui ne sont jamais venues, il faut plutôt que je me lance en politique) Une discussion récente avec quelques amis a mis du sens dans cette question qui me taraude, me donnant l’énergie nécessaire à l’évoquer ici, je les remercie bien!

Alors voilà, c’est parti, j’ai envie de vous parler de notre place dans l’Univers. Enfin, de la mienne, surtout, parce que je ne sais pas trop où vous vous situez, vous, ni jusqu’où je peux vous emmener (drogues hallucinogènes autorisées). En tout cas je ne mentais pas lorsque je vous disais que c’était ambitieux.

marius figuier petiteSi vous suivez ce qui se passe par ici, vous savez que je suis une militante écolo, du genre tranquille qui fait sa petite part dans son coin, part qui grossit de jour en jour, mais sans trop trop me bousculer non plus. Probablement que je finirai, dans 50 ans (c’est-à-dire pas loin de mon lit de mort, si je vais jusque là) (si je vais jusqu’à 84 74 ans je veux dire, bien sûr que j’atteindrai mon lit de mort à un moment ou à un autre) (enfin sauf si la science fait de gros progrès, ou si je me fais mordre par un vampire, on ne sait jamais) (oui, moi aussi je subis Chica Vampiro tous les soirs en rentrant de l’école) par avoir un mode de vie plus alternatif et encore plus respectueux de l’environnement. Ma to-do list du progrès vers la sobriété heureuse* est bien longue. Mais pour le moment, je suis dans l’étape #1, celle du changement intérieur profond et je l’espère durable. Et donc cette phase passe pour moi par ce que j’appelle la conscience.

Au départ, il s’agissait surtout de la conscience de mes actes. Je fonctionne pas mal à la logique et donc m’inscrire dans des chaînes de causalité (si je mange tel aliment, acheté dans tel endroit, je favorise le développement de telle industrie, je valorise tel savoir-faire, qui a tel impact sur l’environnement, et tout cela a aussi un impact sur ma santé, mon porte-monnaie…) est un exercice assez naturel pour moi. Bien sûr, quand tu commences à dérouler ce genre de raisonnement, tu te rends vite compte que ce n’est pas du tout linéaire, mais plutôt complètement ramifié. Genre mind-map de ouf, encore plus vertigineuse que Mark Zuckerberg lorsqu’il dit que nous ne sommes pas à plus de sept amis facebook du monde entier (pour la fourchette max, perso je suis à 3,3 de moyenne, trop populaire quoi. Ou aussi « amie facebook » avec des gens que je ne connais pas, oui. Et bien sûr on parle ici du monde-entier-des-gens-qui-sont-sur-FB, les autres ne comptent pas, bien entendu.). Bref, cela conduit loin dans la réflexion, plus loin que FB en tout cas, et sans le vouloir, hop hop hop, l’air de rien, cela atteint de drôles d’endroits.

Les premiers qui chatouillent un peu, ce sont ceux qui se trouvent à l’intérieur. Le corps, les trucs qui circulent là dedans et qu’on ne sait pas trop bien expliquer tellement ils emmêlent sensations, émotions, intuitions. Et soudain ce déclic, cette acceptation (cette foi ?) qu’il y a quelque chose de magique (parfait ? divin ?) dans le simple fait de vivre. Se dire qu’il y a un putain de superbe alignement des étoiles pour qu’on en arrive à cet équilibre si parfait de l’Univers qui fait qu’on existe, là, ici, maintenant, au milieux de toutes ces autres espèces animales, végétales, minérales, j’en passe et des meilleures. (équilibre qui semble prendre une drôle de direction vers un ici et maintenant où l’on existera probablement plus) Oui, tout ce qui se passe dans le monde en cet instant T concourt à faire de moi ce que je suis, dans l’état où je suis, écrivant ces lignes. Même toi l’insipide mollusque baveux par la faute de qui j’ai passé ma journée à compiler plus de 100 pages de documents constituant un dossier dont je me serais bien passée, tu existes pour une raison. Et je suis reliée à toi pour une raison (je l’espère plus profonde que l’effet immédiat de ce lien sur mes journées et mon humeur, si tu vois ce que je veux dire). Tout comme je suis reliée à l’ensemble du reste du monde, métaphoriquement, causalement, physiquement (toutes ces molécules qui se touchent les unes les autres…), spirituellement, symboliquement… (j’ai mentionné la drogue ?)

Pour imager, je me visualise dans une étendue d’eau infinie, dans laquelle se trouvent tous les êtres vivants, chacun ayant un impact sur ce qui l’entoure, ne serait-ce qu’avec son souffle et son cœur qui bat. Et cet impact, quel qu’il soit, créé des ronds concentriques dans l’étendue d’eau, d’intensité et de vitesse différentes les uns des autres. Des ronds qui atteignent les autres être vivants, qui croisent et influencent leurs ronds dans l’eau, qui se brisent sur des obstacles ou au contraire continuent leur mouvement à l’infini, même après la mort de celui qui les a émis. (j’ai mentionné la drogue ?)

Etre en conscience, c’est pour moi l’essence même de l’écologie. Etre relié-e à son environnement extérieur mais aussi intérieur, ressentir toutes ces connexions, et accepter que cet état nous guide non seulement dans nos choix et la conduite de notre vie, mais aussi dans nos rapports à nous-même, aux autres, à la nature, à l’art, à la pensée, au travail… Pour le moment, encore paralysée par mes névroses, j’ai du mal à lâcher prise, à faire confiance, et à arrêter de chercher à comprendre et à contrôler. Je vais y arriver, je suis persuadée que c’est la clé vers la Sérénité et le Bonheur. (j’ai mentionné la…?)

Voilà ce que j’avais envie d’écrire pour aujourd’hui. Je ne fais qu’esquisser la question, qui pourrait être au centre d’une mega-carte-mentale dont chaque bulle pourrait être un article de blog. Cette perspective n’est-elle pas génialement réjouissante ??!! (cachez votre joie)

*Ce sera probablement l’objet d’un prochain article, si je ne m’engage pas en politique avant de l’écrire.

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