Vis ma vie de bénévole

Il y a quelques jours, je suis tombée (il n’y a pas de hasard, tout ça tout ça), sur cet article de Madmoizelle : « le bénévolat, générateur de bonheur« . Vous me connaissez, ça m’a bien sûr touchée en plein cœur, et bien que je ne sois pas prosélyte pour deux sous (oui oui, vous lisez bien, « pour deux sous », j’ai osé), si cet article peut inciter au moins une personne à se lancer dans l’aventure du bénévolat, je veux bien ajouter une couche aux mots de Madmoizelle en racontant mon expérience.

Avouez, je vous vends du rêve, là ?!

Avouez, je vous vends du rêve, là ?!

Je ne sais plus trop quand j’ai commencé à donner mon temps, je crois que mon premier engagement a été chez Solidarité Sida, j’avais alors, quoi, 19, 20 ans ? Solidarité Sida, quand tu es étudiant, c’est l’asso idéale. Déjà, parce qu’elle est importante et qu’il y a toujours un truc à faire, que tu aies une heure, une journée, ou un weekend à offrir. Ensuite parce que le Sida est une cause qui te touche, quand tu es jeune et que tu es au tout début de ta sexualité, que tu fais ton malin mais que tu as encore plein de choses à apprendre. En y repensant là maintenant (genre, auto-analyse en direct), je me dis que c’est sans doute dans cette expérience que mon engagement féministe a pris racine. Et enfin parce que, comme c’est une asso qui vit en partie grâce à de grosses manifestations (Solidays, Nuit du zapping, et même vente de rubans rouges au Zénith), tu vois plein de concerts gratos. Faut juste aimer la musique, quoi (trop dur). Cette période de bénévolat, qui a duré environ 2 ans, a été mon premier pas significatif dans le milieu associatif, et j’y ai développé des compétences qui ne m’ont jamais lâchées dans tous les boulots que j’ai pu faire ensuite. (Fin de la lettre de motivation).

A la même période (j’étais à fond, purée), j’ai fait une fin de saison au refuge de La Mie de Pain, cantine et foyer qui accueille les sans-abris. Ça a été intense et éprouvant. On se retrouve confronté à des situations qui dépassent la détresse humaine et la misère sociale. J’ai été bouleversée par tellement de gens, tellement d’histoires (certaines avec des happy ends, si si !), pendant le si peu de temps où j’ai filé un coup de main. Un jeune qui appelle (ma coloc, dont il était un peu amoureux) pour dire qu’il a enfin accompli son rêve, émigrer au Canada, un groupe de vendeurs de roses qui offre, un 8 mars, une fleur à chaque bénévole féminine présente dans la salle… Je me suis pris une bonne claque pendant ces quelques semaines. Trop forte pour moi, sans doute, puisque je n’ai pas renouvelé l’année suivante.

Ensuite, j’ai fait des stages / bénévolat dans l’associatif culturel, plus par désir d’accroître mon expérience professionnelle, alors je ne compte pas vraiment ça comme un don de moi-même, si ce n’est de mon foie, qui a bien souffert durant tous ces festivals.

De retour à Paris quelques années plus tard, j’ai rejoint Epilepsie-France. Pour le coup, j’avais vraiment l’impression d’apporter à l’association de réelles compétences professionnelles, notamment en organisation d’événements, le truc qui te fait dire que tu as parcouru du chemin, et que malgré le bazar dans ta tête sur ce que tu veux faire de ta vie, elle reste assez cohérente, au niveau de ses valeurs fondamentales. Un déménagement m’a fait quitter l’asso (assez vite, je crois que je n’y suis restée que quelques mois, le temps d’aider à organiser une journée de l’épilepsie), mais je la garde vraiment dans un coin de mon cœur, avec une pensée toute particulière pour sa présidente, souvent imitée, jamais égalée !

Puis j’ai fait une pause bénévolat, sans raison, parce qu’il ne faut pas une raison à tout, après tout. J’ai raison ?

Il y a quelques années, fraîchement arrivés dans notre coin de campagne, Minus, son papa et moi, j’ai été happée, d’abord suite à un échange de bons procédés avec M. le Maire, mais sans me faire beaucoup prier, vu que j’avais passé peu de temps avant les concours pour en faire mon métier – sans succès – par la bibliothèque du village. Depuis septembre 2012, et malgré un déménagement dans le village voisin qui dispose lui-aussi de sa bibliothèque, j’en suis la responsable. Oui, rien que ça. C’est parce que ça sonne mieux. En vérité, je ne suis pas responsable de grand chose, les bénévoles s’auto-gèrent plutôt bien. Je suis quand même responsable de rapporter les livres prêtés par le département (en cartons depuis l’été dernier), et d’envoyer le rapport annuel avant le 31 janvier (toujours sur mon bureau, presque rempli en plus !). Il n’y a pas pour moi de meilleure manière pour s’investir dans la vie du village, j’en suis ravie. Et j’adore quand les enfants de l’école me montrent du doigt en disant à leurs parents « c’est la dame de la bibliothèque » (« bilokèque », comme dirait Minus).

reunion colibris

10 ans plus tard, l’ambiance est un poil différente. (photo @JamesCliment)

 

L’été 2013, qui a été un grand tournant dans ma vie (intérieure et extérieure) pour tout un tas de raisons, j’ai adhéré au Mouvement Colibris de Pierre Rabhi. Chemin faisant, de rencontre en rencontre, j’ai suivi le groupe local qui s’est créé dans mon coin. Il a réellement démarré l’année dernière au moment de ma séparation, et cette synchronicité a été plus que bienvenue pour me changer les idées, et me donner un nouvel élan. Les Colibris, ce n’est même pas vraiment une association, c’est plutôt un mode de vie. Quand on donne son temps à Solidarité Sida, même si on en retire un bénéfice, ce n’est pas pour soi qu’on travaille, c’est pour lutter contre le Sida (sauf quand on est soi-même malade, ce qui n’est pas le cas de la plupart des bénévoles). Les Colibris, c’est juste une communauté qui travaille à créer les conditions de vie que ses membres aimeraient avoir. On n’est jamais mieux servi que par soi même. J’y suis bien, (j’y reste !), même si ça demande un engagement important (en temps, en énergie) et que c’est parfois au détriment de mon travail, je le reconnais. J’essaie de limiter les répercussions sur la vie de famille, même si j’ai un Minus champion du monde, capable de supporter sans broncher 2h de réunion sur les économies d’énergie, pour peu qu’il y ait du jus de pomme, des gâteaux, et qu’on lui ait dit qu’il était le chef de l’équipe.

Ces expériences sont d’une richesse impossible à décrire à ceux qui ne sont pas passés par là. Quand tu as organisé un événement qui s’est bien déroulé, auquel les gens sont venus avec plaisir, quand on te remercie chaleureusement, quand tu te sens faire partie d’une communauté à qui tu es utile, quand tu participes à une réunion où les énergies des participants sont tous tournés dans le même sens, c’est magique. C’est addictif, ça te remplit d’une chaleur qui dure longtemps longtemps longtemps… Bien sûr, l’alchimie ne prend pas forcément, il faut trouver la bonne association, les personnes avec qui on s’entend, les causes qui nous animent. L’avantage, par rapport à un travail salarié, c’est que si tu n’es pas bien, rien ne t’oblige à rester, tu peux partir chercher ta place ailleurs (freeeeedom !).

Voilà, je vous encourage vivement à tester, je vous jure que vous ne pourrez plus vous en passer. D’ailleurs, tiens, je vais faire un petit Framadate pour organiser une réunion, je crois que je suis en manque. On se retrouve à la prochaine gratif’ ?

 

Commentaires (4)

  1. Pingback: Plongée | No Sex Inside

  2. Rachel

    Pourquoi, chaque fois que je lis un de tes articles, j’ai l’impression que tu tombes pile dans mes réflexion du moment…..?

    Répondre
    1. M-Aurele (Auteur de l'article)

      On est en phase, c’est pour ça !

      Répondre
  3. Rachel

    Pourquoi, chaque fois que je lis un de tes articles, j’ai l’impression que tu tombes pile dans mes réflexion du moment…..?

    Répondre

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