Soirée Delorean

Hier soir j’ai revu de chouettes personnes de ma vie d’avant avant avant… C’était bien (si l’on exclut la play-list mais c’est une autre histoire). Me replonger dans cette période où je vivais (en partie) de l’écriture (maintenant aussi, quand on y pense, mais pas de la même manière) me rend parfois nostalgique. Souvent je pense à ce qu’il aurait fallu pour que ça continue, et souvent je me dis que j’ai maintenant l’assurance qui m’a manqué à l’époque pour que ça marche (une histoire de planètes pas très bien alignées, tout ça tout ça).

11665-delorean-retour-vers-le-futur-vente-encheres-29122011091116Le propos de cet article n’est pas de me lamenter sur mon sort, je suis très contente de tout ce que j’ai fait à l’époque, et d’être arrivée là où je suis aujourd’hui. Quelque chose m’a fait tilt ce matin en repensant à tout ça (ok, quand je dis ce matin, c’est plutôt ce midi quand je me suis levée), et c’est ce que j’ai envie de développer aujourd’hui. (je vous ponds une longue introduction parce qu’en fait ma réflexion est toute petite, alors il faut que je brode un peu)

J’ai souvent entendu, à cette époque où ma timidité me retenait beaucoup d’avancer professionnellement, « tu n’as rien à perdre ! », « Appelle-le(a) », « envoie lui un mail », « va lui parler »… « qu’est-ce que tu risques, à part un refus ? » « au moins tu seras fixée ». (ça marche aussi face à une nana/un mec qui nous plait et avec qui on aurait envie de cou… faire connaissance par exemple)

Bien sûr qu’on a des choses à perdre. On a à perdre la confiance que l’on a en soi, on a à perdre l’espoir que ça marche, on a à perdre le monde de projection qu’on s’est créé autour de cette possibilité… On a également à perdre le monde dans lequel on vit, que peut-être on souhaite changer mais qu’au moins on connait, qui nous rassure. On a à perdre l’image de soi qu’on pense en accord avec ce que l’autre peut vouloir. On est inégaux face à la prise de risque, on a tous des champs (personnels, professionnels…) pour lesquels il est plus ou moins difficile de se mettre en danger. Parfois on a besoin de beaucoup réfléchir, de peser les pour et les contre, parfois l’adrénaline causée par la situation suffit à se lancer à l’eau… Selon les personnes, les histoires, les parcours, les « choses à perdre » varient, les enjeux sont différents bien entendu. Mais dire « on a rien à perdre » est une négation de ces enjeux, cela supposerait qu’il ne faut pas de courage pour agir, non, puisque ça ne coute rien ? En tout cas je l’interprète un peu comme ça. Et cela me paralyse plutôt que cela ne m’aide à avancer. (Et puis une de mes personnalités – la rebelle de la société qui ne s’épile pas sous les aisselles et qui a allaité en public – se dresse contre l’idée qu’il faudrait être audacieux, courageux sinon-t’es-qu’un-loser) (c’est elle qui, ado, arborait fièrement une ceinture sur laquelle était écrit « I am what I am ») (non je ne l’ai pas gardée) (la ceinture)

C’est facile sur le papier de dire qu’il ne faut pas prendre personnellement un refus. C’est facile de dire à quelqu’un qui vient de se faire rejeter « mais non, tu n’es pas nul-le / moche / mauvais-e, tu n’es juste pas en adéquation avec ce que la personne en face de toi attendait ». Peut-être que la clé, là-dedans (et cette fois je me place du côté de celui ou celle qui accompagne – aka wonder maman), c’est la reconnaissance de ce que cela coute ? C’est l’enseignement du lâcher-prise ? C’est mettre le focus sur le chemin, l’acte, plutôt que sur le résultat ? « je sais que c’est difficile de passer à l’action, je sais que quel que soit le résultat on en sort toujours changé, je suis là pour t’épauler si tu en as besoin, et pour aimer la personne que tu vas devenir ».

On a plein de trucs à perdre, on a plein de trucs à gagner. Perdre, gagner, est-ce que ce n’est pas un peu surévalué ? On a plein de choses à vivre, quoi, et c’est juste ça qui est génial, non ?

C’est quand même beau ce que j’écris.

(promis, le prochain article sera à propos de déco ou de jardin, peut-être même qu’il n’y aura que des photos)

Commentaires (2)

  1. Mandalaman

    Dans une civilisation qui a perdue l’ascenseur social et dont l’escalier est en travaux indéfiniment bien sur qu’on attend un quelque chose, puisque c’est la règle d’être ou ne pas être un winners quoi qu’on en pense ou dise.
    Même le plus costaud de la zenitude ou contemplatifs célestes attendent aussi un quelque chose.
    Peut être de ne pas passer sa vie seul sur son nuage…
    C’est bon d’attendre, de désirer un résultat après l’effort et savoir également garder toute mesur devant l’échec, ça sert a ça d’ailleurs l’attente.

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    1. M-Aurele (Auteur de l'article)

      J’ai longtemps attendu avant de répondre à ce message, parce que je ne savais pas quoi répondre justement. Je n’arrivais pas à trouver de lien, je ne saisissais pas vraiment la connexion avec ce que j’avais écrit dans l’article, et ça me mettait mal à l’aise.
      Mais finalement, voilà ce que je peux répondre, que je ne comprends pas très bien votre commentaire, ce n’est pas grave, après tout, ça n’a pas à me mettre mal à l’aise, personne n’a d’exigence d’intelligence envers moi (en tout cas sur ce blog !).

      J’ai voulu, je crois, dans cet article parler de la manière dont on pourrait (dont moi j’ai envie en tout cas) accompagner quelqu’un en situation de devoir se dépasser, dépasser ses craintes, ses doutes, sans les amoindrir, sans nier l’effort que cela coute. Je crois que c’était ça, le coeur de mon article, enfin, là où je voulais en venir. Comment, en particulier en tant que parent, on peut accompagner nos enfants en accueillant leurs sentiments (parfois contradictoires) face au « passage à l’action ».

      Pour tenter de répondre à votre commentaire : personnellement, un terme comme « ascenseur social » ne me parle pas trop, alors que je suis en plein travail personnel sur l’horizontal, le transversal… et les solutions gagnant-gagnant ! Ma place dans la société (si c’est bien de ça qu’il est question ?), je la souhaite « à côté de » et non pas « au dessus », et j’essaie tous les jours de faire en sorte que ce ne soient pas que des mots.

      C’est cette réponse qui me vient, là maintenant… Sans doute qu’il y aurait pu en avoir d’autres ? Je ne sais même pas si votre commentaire appelait une réponse, en fait ? Merci de l’avoir déposé ici, en tout cas.

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