Le rôle de ma vie

Ce soir, je remonte encore plus loin dans le temps, au tout début de ma relation avec Zach Braff. C’était en 2005, devant Garden State, à un autre moment charnière de ma vie, celui où j’ai décidé que j’allais monter à la capitale et tenter ma chance comme scénariste. J’me voyais déjà… vous connaissez le topo.

115203-le-role-de-ma-vieJe suis une très mauvaise critique de films, à chaud en tout cas, car je suis toujours atteinte par la moindre petite parcelle d’émotion que le réalisateur veut bien y injecter. Les grands sensibles sont bon public. Je sors du Rôle de ma vie, et bien sûr je suis conquise. (j’ai quasi pleuré tout du long, c’est bon signe, même si ça n’a pas dû être une partie de plaisir pour mes voisins de m’entendre renifler) On vieillit un peu ensemble Zach et moi, nos préoccupations évoluent en même temps, avec l’âge, l’expérience, tout ça tout ça. Les sujets – universels – restent les mêmes : la famille, le travail, les rêves, comment tout ça s’articule et comment on se rend compte que, même si elles semblent inconciliables, toutes ces choses font partie de nous. Que c’est pour cette raison que c’est en étant nous même que l’on parvient à les faire fonctionner ensemble. Et que c’est une des choses les plus difficiles, parvenir à être soit même, à se respecter tout en respectant les autres. Bref, le film me touche, je ne sais pas si c’est par effet Barnum ou parce que je me retrouve dans la tendresse qu’il dégage et dans la quête identitaire (?) qui semble être le credo de son réalisateur.

Et puis, quand je vois ce genre de film, je me souviens de pourquoi, en 2005, j’ai eu envie de tenter ma chance. Je me souviens du genre d’histoires que j’avais envie de raconter. Le même. Genre. Ecrire des feel good movies parce que c’est comme ça que j’ai envie de me sentir, quand je sors du ciné. Des films sincères et qui me ressemblent. Des films que les Inrock auraient méprisés parce que pas assez grattants, comme dirait le Minus. Des films qui parlent de gens comme vous et moi, et qui racontent que c’est dans son rapport quotidien aux autres et au monde qu’on définit qui on est et quelles valeurs on porte. (tu peux toujours défendre l’égalité homme-femme ou le pacifisme étendard à la main, mais si tu n’enseignes pas à tes enfants le partage des tâches ménagères ou la résolution de conflit, what’s the point ?) Il y a la pédagogie par la démonstration, et la pédagogie par l’exemple quoi. Et j’ai donc comme l’impression qu’il va falloir que je m’y remette.

Bref, j’ai bien aimé le Rôle de ma Vie. Peut-être que je l’aurai oublié dans deux mois, mais en tout cas, là maintenant il m’a donné envie d’écrire cet article.

Et puis, il est tout un symbole. C’est le premier film que je suis allée voir seule, alors que le Minus dormait chez son papa. Le premier film que j’ai choisi seule et sans compromis depuis bien longtemps (en plus, le voir en première semaine, c’est juste inouï !) C’est un film dont j’attendais la sortie (je n’ai pas attendu la sortie d’un film depuis le premier Star Wars je pense) C’est le film de mon ré-amour pour le cinéma, oui, je n’ai pas peur des mots !

Allez, si vous me cherchez, je suis en train d’écrire mon prochain film. A dans 10 ans !

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