Le Yoga et moi

Un ami me demandait il y a peu ce que l’on pouvait bien rechercher dans la pratique du yoga. Sur le moment j’ai été prise au dépourvu, et j’ai répondu rapidement, mais depuis j’y ai pas mal pensé, et j’ai envie d’évoquer cette réflexion ici.

Cet ami est très sportif. Je ne sais pas ce qu’il recherche lui-même dans la/les pratique-s du sport (il pourra nous éclairer en commentaire ! et tout le monde aussi, d’ailleurs.). J’ai d’ailleurs du mal à me l’imaginer, car à part le yoga, mes activités physiques tournent essentiellement autour du « loup », de « la bagarre » ou du visionnage de séries télé. Je devine que lorsque l’on pratique le vélo ou la course à pieds on ressent la satisfaction de l’effort accompli, le dépassement de soi (quand on bat des records de vitesse ou de durée), ce genre de choses. Un bien-être également, lié à la production d’endorphines et tout un tas de trucs scientifiques dans l’explication desquels je ne me risquerai pas. chakrasJe pense que l’on trouve ce même bien-être dans le yoga, où il y a aussi un mécanisme d’inhibition de la perception de la douleur, plus ou moins exacerbé selon la pratique et l’enseignement. En effet certains professeurs disent que le yoga ne doit pas se faire dans la douleur physique, d’autres qu’il faut apprendre à accepter et apprivoiser la douleur, choisis ton camp camarade ! Si l’on considère l’aspect sportif du yoga, c’est sans doute, un peu comme dans la danse, la sensation de maîtrise corporelle qui apporte une certaine satisfaction, cette compréhension de son corps, de quel muscle entre en action pour faire quel geste et tenir quelle posture… Même si finalement, et contrairement à la danse ou à la gym, cette compréhension n’est ni un but en soi, ni un moyen d’atteindre un but (mesurable en tout cas).

Tout ceci est difficile à définir d’une manière générale, tant il y a de branches et sous-branches du yoga, et tant il y a de pratiques différentes. Et puis je ne peux pas parler au nom de tous les yogis. Je vais donc parler pour moi, au moins je suis sûre de ne pas dire de bêtise.

Tout d’abord, je ne considère pas le yoga seulement comme un sport, même si je conçois tout à fait que certains le pratiquent uniquement comme tel (j’ai le vague souvenir de Madonna et son yoga-pilates, du temps où je lisais la presse féminine). Personnellement je l’envisage dans sa conception globale et traditionnelle, comme une discipline faite d’exercices corporels mais aussi tout un tas d’autres choses, un de mes professeurs le décrit très simplement sur son site. Le principe fondateur est l’unification des éléments physiques, psychiques et spirituels de l’homme. Et donc, s’il y a un objectif dans la pratique du yoga, c’est de concourir à la réalisation de soi (ce à quoi le yoga ne suffit pas, mais ce n’est pas l’objet de cet article), en soi et dans l’univers. Cela semble assez mystique écrit ainsi, mais en réalité la pratique rend cela assez concret je trouve.

Cependant cette réalisation de soi ne passe pas par la performance dans la pratique. Je ne sais pas me plier en quatre dans le sens de la largeur ni me tenir sur la tête sans les mains, et pourtant, ma pratique participe autant de la réalisation de moi-même que celle d’un yogi plus aguerri. Bien sûr, je m’améliore au fil des séances, j’explore de nouvelles voies, je « décoince » des zones de blocage et c’est très stimulant, mais on peut imaginer que même si je ne progressais pas, les bienfaits seraient les mêmes. Parce que ce qui m’importe, personnellement, c’est de parvenir à être dans une présence, dans un état de pleine conscience au moment de la pratique. On pourrait dire que ce que je recherche dans le yoga (sur le moment), c’est juste « être là ». Et croyez moi, ce n’est pas si facile ! un indien dans la ville

Autre chose qui rend, pour moi, le yoga assez addictif, c’est sa dimension curative. Il me semble d’ailleurs que, ainsi que la méditation, le yoga fait partie des techniques de la médecine ayurvédique. Arriver à une classe groggy et vaguement migraineux-se, ressortir plus en forme, c’est assez magique. Bon, ça ne fonctionne pas à tous les coups, il faut que le prof tombe juste sur la pathologie du moment (ou avoir assez de pratique pour se faire sa petite séance tout seul). Toutes ces histoires de chakra et de circulation de l’énergie, ça semble loufoque et vaguement new age (on se rappelle Arielle Dombasle dans un Indien dans la Ville, enfin, pour les lecteurs qui sont assez vieux pour ça), mais dans la vraie vie c’est à la fois très subtil et très puissant. Un jour je vous ferai une petite vidéo à ce sujet, ça fait un bout de temps que j’y pense.

Peut-être que j’ai donné envie à certain-e-s d’entre vous de s’y mettre. Si je puis me permettre un petit conseil, le yoga comporte plein de branches (même au sein du hatha-yoga, qui en est la forme la plus courante), et, comme dans beaucoup de disciplines et savoirs orientaux, la relation au maître est très importante. Il ne faut donc pas hésiter à tester plusieurs cours pour trouver « son » professeur.

J’aurais encore plein plein de choses à dire sur le sujet, c’est une discipline sur laquelle il y a toujours des textes à étudier, des pistes à suivre, je trouve cela passionnant. Peut-être que je reviendrai dessus.

Et en recherchant des infos je suis tombée sur LE stage parfait pour moi cet été, mais une petite voix me dit qu’on ne peut pas dépenser un mois de loyer dans un stage de yoga. Il faut donc que je trouve un appart avec un loyer plus élevé.

Et vous, quel sport pratiquez vous ? Et quels bienfaits en tirez-vous ?

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