… du peuple, par le peuple, pour le peuple

fonctionnement mairie SaillansEn cette période inter-élections / remaniement ministériel tout le monde y va de ses commentaires, niveau café du commerce à doctorat de sciences politique (oui, moi aussi je pense que parfois les extrêmes se rejoignent), donc je ne m’y risquerai pas, préférant rester sur ma ligne éditoriale auto-centrée. Quoi de mieux que moi-même comme axe d’analyse, je vous le demande ?

J’ai raté peu d’élections. Les régionales en 2004, parce que j’étais perdue entre le Mali et le Burkina Faso (je vous sors cet exemple pour vous épater avec mes voyages de backpackeuse, en vérité, depuis celui-ci, ces 10 dernières années je n’ai plus quitté le territoire que pour aller passer un long weekend à Barcelone). Les régionales de 2004, donc, pour lesquelles je n’avais pas fait de procuration, et sans doute 1 ou 2 autres dont je ne me souviens plus. J’ai toujours aimé aller voter. Au départ, surtout pour la dimension symbolique du passage à l’âge adulte. Enfin ! je pouvais m’exprimer sans avoir à sécher les cours et à aller bloquer de rocade ou de voie ferrée au péril de ma vie. Ensuite, je me suis intéressée à la politique, pas tellement d’une manière générale, ou idéologique, mais assez pragmatiquement lorsqu’elle s’occupait d’un sujet me concernant. Ce qui ne m’a pas empêchée de sécher les cours pour aller déambuler de République à Bastille avec mes camarades chevelu-e-s. Puis, petit à petit, le sujet a pris une dimension plus profonde. En vieillissant et en étant amenée à réellement réfléchir sur mes choix de vie, et en jetant un oeil sur comment ça se passait ailleurs, j’en suis venue à imaginer la société idéale dans laquelle j’aimerais évoluer. Plus j’avance et plus je me radicalise. Vous voilà prévenus.

Prendre ses responsabilités politiques

Et donc pour moi, voter a longtemps été une façon de prendre mes « responsabilités politiques ». Et ceux qui ne votaient pas n’avaient pas le droit de râler sur leurs représentants. J’étais moi aussi habitée par l’amertume de voter pour le moins pire, mais au moins, je donnais mon opinion. Maintenant, je comprends ceux qui ne vont pas voter pour des raisons idéologiques. Je partage leur sentiment que la démocratie indirecte, en tout cas de la manière dont elle s’exprime à travers nos institutions et nos hommes politiques, n’est pas une forme de démocratie satisfaisante. Et je partage aussi en partie leur impression que c’est paradoxalement voter qui est déresponsabilisant. On s’exprime, on se débarrasse de cette corvée, et ensuite si la situation du pays ne convient pas, c’est la faute des représentants, qu’on a élu ou pas, qui ont fait leur travail ou pas… Oui mais ensuite ? Une fois qu’on a fait table rase de tout ça, dénoncé la mascarade ? Personnellement, jamais je ne pourrai me contenter de ce discours. Il n’a pour moi de résonance que dans l’action. Et il peut être suivi d’effets immédiats, avec un peu de volonté.

Par exemple, la démocratie participative peut être mise en place, au moins à un niveau local. Des exemples ont été mis en lumière par les élections municipales. Et je rappelle au passage que la démocratie française n’est pas QUE représentative, même si l’absence de référendum ou l’utilisation que nos dirigeants font des résultats peuvent en faire douter.

Article 3 de la Constitution du  (France) : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants » (démocratie représentative) « ou par la voie du référendum » (démocratie directe). (source Wikipedia)

Pour que cette mise en cause de notre système pyramidal soit suivie d’effets (un jour proche ou lointain, il ne faut pas être pressé), donc, j’ai décidé d’agir dans mon coin et j’ai tranquillement pris le chemin de l’engagement. Il n’est peut-être pas le même pour tous, selon le modèle qu’on veut atteindre, ou sa sensibilité (se présenter aux élections avec un projet de société alternatif pour sa commune, donner son temps à des associations, créer des collectifs, participer à des événements, faire du co-voiturage, etc.) et tout le monde ne le parcourt pas à la même vitesse… je vais d’ailleurs bien doucement et je vis encore pas mal d’incohérences, que je tente de résorber à mon rythme. En tout cas, je me dis qu’il n’y a pas besoin d’autre révolution que celle du quotidien. Que quelque chose qui se construit et se répand, là, sans pression, sans urgence, de manière durable, en partant de la base et dans la concertation, est plus solide qu’une solution qui nous tombe tout cuit dans le bec, d’en haut, qui est la même pour tous et donc inadaptée à chacun et pensée en réaction à une actualité qui changera peut-être le lendemain. Ce n’est pas idéaliste de penser ça. Justement, l’idéalisme serait de rêver à ce monde meilleur, et de faire de beaux programmes pour essayer de le mettre en place. Moi je propose de mettre les mains dans le cambouis et de le faire là maintenant. C’est quand même bien plus cool, non ?

Voilà voilà voilà. C’était mon petit quart d’heure militant. Je vous souhaite une bonne fin de journée.

 

(source de l’image : Pays de Saillans vivant)

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