We don’t need no… (air connu) #2

(Vous trouverez la première partie de cette article ici : We don’t need no… (air connu) #1)

Au départ, ce sont des évaluations dont je voulais parler. Et d’une manière générale de ce qu’on attend des élèves. Personnellement, je suis plutôt partisane des exercices auto-correctifs et d’une école sans devoirs et sans notes, mais je conçois que l’éducation nationale puisse avoir besoin de juger de son efficacité et de l’acquisition des compétences par les élèves, puisque c’est la raison principale pour laquelle les enfants vont à l’école. Dans mes différentes discussions de ces derniers jours, est passée l’histoire d’un prof (d’une école primaire publique) qui avait participé à une organisation expérimentale de sa classe, dans laquelle les élèves décident de passer l’évaluation quand ils se sentent prêts, quand ils pensent avoir acquis la compétence dont il est question. Ca me semble un bon compromis, même si je me doute que son application n’est pas possible partout. Le propos de cet article n’est d’ailleurs pas de remettre en question l’éducation nationale, l’école ou le travail des profs. A chacun son boulot, celui de parent d’élève est déjà une grosse étape de franchie pour Cortex et moi !

photo de classe 2013

Un parent d’élève justement, à qui je faisais part de ces pensées autour des notes m’a fait la réflexion qu’il fallait bien que les enfants soient préparés à la logique de l’évaluation, vu qu’on était évalué toute sa vie. Je n’avais pas de réponse à ça, alors je n’ai rien répondu (il semblerait que je progresse dans l’art de fermer ma bouche quand je n’a

Parfois on est choisi, parfois non, mais pour moi il n’est pas question de (jugement de) valeur, mais plutôt d’adéquation entre un profil et un poste. J’écris « à tête reposée » parce que bien sûr, comme la plupart des gens, surtout dans le contexte de crise actuel, j’ai vécu les nombreux refus d’embauche comme une sentence avec peine capitale, un drame, un piétinement, une extraction de mon cœur mangé ensuite à la petite cuillère par des femmes et des hommes complètement insensibles, qui arrachaient surement les ailes des mouches, des coccinelles et des papillons quand ils étaient petits…i rien à dire). Mais ça m’a trotté dans la tête, beaucoup, parce que je n’arrivais pas à trouver un moment dans ma vie où, hormis à l’école, moi ou mes compétences avions été évaluées. J’ai bien passé des entretiens d’embauche par exemple, mais je ne crois pas avoir (à tête reposée, j’entends) vécu ça comme autre chose qu’une rencontre pour voir si on se convient, si on se plait.

Du coup je me pose une question. N’est-ce pas cette habitude d’être évalué depuis l’enfance qui nous donne l’impression que, par la suite, nous vivons dans le jugement perpétuel ? Jugement des autres envers nous, notre travail, notre comportement, nos choix… Jugement de nous envers les autres, ou de nous envers nous même. Ok, peut-être que notre fond de judéo-christianisme influence aussi cette question.

Et si on replaçait le besoin au cœur de tout ça, l’envie ? Les enfants qui apprennent par plaisir, ce qui les intéresse en premier lieu (ensuite, aux adultes de créer l’envie de découvrir d’autres choses), les lycéens qui apprennent les matières qui leur plaisent, et aussi les connaissances dont ils ont besoin (pour réaliser un projet personnel ou professionnel), et les évaluations dont ils ont besoin pour mener à bien ce projet, éventuellement. Ou alors, trouver le projet professionnel, les projets personnels en adéquation avec ses connaissances, compétences… Je rêve d’une société qui mettrait l’humain au centre, et ça commencerait par l’école, et ce serait tellement chouette, on vivrait juste pour vivre, pour s’améliorer, pour apporter une vraie richesse au Monde. Ah bon ? ce n’est pas pour cela qu’on est là ? Damned.

J’ai fait tout ce que l’école attendait de moi. Assez bien, en plus, puisque j’avais de bonnes notes, j’ai donc acquis tout ce que je devais acquérir. Et ensuite j’ai quasi tout oublié. J’ai un jour demandé à mon prof de lettres de terminale pourquoi est-ce qu’on avait un système de notation qui allait jusqu’à 20, ça me semblait étrange, une connaissance me semblait soit acquise, soit non acquise, et au final, on ne demandait pas aux élèves de l’acquérir entièrement, mais seulement à moitié, puisque 10 suffisait à satisfaire tout le monde. Il m’avait répondu que oui, on avait défini un élève moyen et qu’on nous demandait d’être au moins cet élève moyen. Moyen. Tout un programme ! J’avais tellement peur d’avoir une mauvaise note, que j’étais moyenne moi aussi (ou un peu plus que moyenne) partout. Je ne brillais nulle part. Si les notes n’avaient pas été quelque chose de si important (pour moi, pour mes parents, pour les profs), peut-être me serais-je permis de favoriser les matières qui m’attiraient, sans me mettre la pression pour réussir aussi les matières qui ne m’intéressaient pas ? Je reconnais que, en ayant choisi la filière littéraire, la pression sur les matières scientifiques était allégée. Mais j’avais quand même des maths en option lourde. Je les avais gardés. On ne sait jamais. Au cas où j’aie besoin des maths, plus tard… (on ne peut savoir ce que me réserve l’avenir, mais je peux vous assurer que jusqu’à présent je n’ai jamais utilisé les maths au delà du niveau 3ème).

Alors, que faire pour le Minus ? Le laisser explorer ce qu’il aime, planter ce qu’il n’aime pas, avoir de mauvaises notes mais découvrir tout le reste ? Lâcher prise sur « les résultats » ? Arriverais-je, moi l’élève studieuse, la chouchoute de la maîtresse, « l’intello », à le laisser sécher le sport parce que ça fait chier de faire des tours de stade quand il pleut, ou aller au ciné pendant les heures de cours ? Même pour voir une daube ? Même pour voir une rétrospective De Palma ? Je regrette tellement de ne pas l’avoir plus fait… Ou, avant ça, trainer en revenant de l’école parce que c’est plus chouette de se balader dans la garrigue en refaisant le monde avec ses copains de 8 ans que de gratter ses devoirs ? Ne pas mettre de garde-fou, parce que la folie c’est bien tout ce qui nous reste, quand on a bac + 12 et qu’on ne trouve pas de boulot ?

A méditer. Je vous en reparle dans 10 ans.

 

 

 

 

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