Bondage

Voilà un sujet sur lequel je travaille beaucoup en ce moment : l’attachement. (oui oui, je sais, le titre est racoleur)

Je suis très attachée aux objets. D’une manière assez paradoxale, puisqu’à la fois c’est par amour des gadgets, des bibelots, des vêtements, des « belles choses » (vive la consommation, quoi), et à la fois par peur de manquer, le fameux « ça-peut-encore-servir » qui fait qu’on ne jette rien (vis ma vie sous l’occupation). Un peu plus inconsciemment, cet attachement est sans doute lié à une difficulté à me détacher du passé, ces objets auxquels je tiens, auxquels je m’accroche sont une partie de mon histoire et de ma biographie. Il faudra attendre la fin de (et donc commencer) ma thérapie pour en savoir plus long sur le sujet.

sogyal rinpocheJe travaille là-dessus, beaucoup. On peut dire que c’est un dossier sur lequel il y a du boulot ! Et les rechutes sont très nombreuses. Ce serait mentir d’écrire que j’ai un jour eu une révélation, cela fait longtemps que je râle devant mes placards trop pleins et mon compte en banque trop vide et que je sais que la solution est à portée de main. Mais à défaut de déclic, je voulais partager avec vous un extrait de bouquin avec une jolie métaphore qui m’a beaucoup inspirée, et à laquelle j’essaie de penser à chaque fois que j’ai envie de dégainer ma carte bleue ou de « mettre un truc de côté ».

Faites cette expérience : prenez une pièce de monnaie et imaginez que c’est l’objet que vous voulez saisir. Tenez-la bien serrée dans votre point fermé et étendez le bras, la paume de votre main tournée vers le bas. Si maintenant vous relâchez et desserrez le poing, vous perdez ce à quoi vous vous accrochiez. C’est la raison pour laquelle vous saisissez.

Mais il est une autre possibilité. Vous pouvez lâcher prise sans rien perdre pour autant : le bras toujours tendu, tournez la main vers le ciel. Ouvrez le poing : la pièce demeure dans votre paume ouverte. Vous lâchez prise… et la pièce est toujours vôtre, malgré tout l’espace qui l’entoure.

Ainsi, il existe une façon d’accepter l’impermanence tout en savourant la vie, sans pour autant s’attacher aux choses.

Sogyal Rinpoché, Le Livre tibétain de la vie et de la mort,1993.

Bien sûr, le champ d’application de cette métaphore est bien plus large que l’attachement aux objets. Elle prend tout son sens quand on l’interprète par le biais des relations humaines (amoureuses !) ou de l’éducation des enfants par exemple.

Mais voilà quoi. Moi je l’aime bien. Remplacer l’attachement aux objets par l’attachement aux citations, c’est peut-être la voie vers la sagesse, qui sait ?

Commentaires (2)

  1. Rachou

    Décidément, nos envies/besoins/intérêt suivent des chemins parallèles! Je suis moi même en train d’apprendre à me détacher des objets, et à ne pas m’attacher inutilement à de nouveaux objets! Le bon coin est en train de devenir mon ami (même si les rentrées d’argent ne le sont pas encore! 🙂 )

    Répondre
    1. admin (Auteur de l'article)

      Héhé ^^

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *